Certains géographes ont tôt fait d’inclure fièrement Yaoundé sur la liste des villes aux 7 collines, au même titre que Paris, Rome, Lisbonne, Washington et Prétoria en Afrique du sud. La capitale camerounaise possède bien au-delà de 7 collines si tant est qu’une colline est une élévation de basse altitude bien moins que celle d’un mont ; bien qu’il y en ait 7 collines emblématiques qui font son charme à savoir, Akok Ndoué, Mbog Ndum, Minlo’o, Ebaminala, Messa, Mbankolo et Fébé. Celles-ci sont disséminées aux pieds des trois monts qui surplombent la ville : Mbam Minkom (1295 m), le Mont Nkolodom (1221 m) et le mont Eloumdem (1159 m). 

Cependant, triste est de constater que de nombreux monts et collines de Yaoundé ne cessent de perdre de leur charme. De multiples activités telles que la déforestation, la construction de maisons et de routes tout autour contribuent considérablement à leur dégradation. 

La préservation des montagnes est un élément important des 17 objectifs de développement durable (odd), notamment l’objectif 15 qui vise à préserver et restaurer les écosystèmes terrestres, en veillant à les exploiter de façon durable; à gérer durablement les forêts, à lutter contre la désertification, à enrayer et à inverser le processus de dégradation des sols ; et à mettre fin à l’appauvrissement de la biodiversité. Les écosystèmes de montagnes régulent les crues, fournissent un apport vital à l’humanité notamment par la séquestration du CO2 et la fourniture de l’eau et de l’air propres.

Pour le cas de Yaoundé, la perte du couvert végétal, l’élévation de la température et les crues répétées sont des indicateurs du changement climatique et, à mesure que le climat mondial continue de se réchauffer, les populations des montagnes souffrent davantage de la pauvreté et de la faim.  

L’avenir des montagnes est de plus en plus problématique dans un monde où les hommes ne cessent de vouloir domestiquer la nature de toutes les manières. Très souvent, l’importance des montagnes pour la stabilité de l’écosystème est balayée d’un revers de main pour ne privilégier que les avantages factuels de la destruction de celles-ci. C’est fort de ce constat et de l’urgence d’une éducation et d’une sensibilisation des membres de la communauté à la préservation des montagnes, que l’Association des Acteurs des Développement (ADEV) depuis 2017 a initié le concept Hike For Climate Justice, une éco-randonnée qui réunit chaque 1er samedi du mois, un ensemble d’acteurs camerounais et étrangers pour la cause environnementale.

La reprise des activités du Hike For Climate Justice pour l’année 2022 a eu lieu ce samedi 05 février 2022 au sommet de la colline de MINLO’O, située à l’ouest de Yaoundé-Cameroun. Cette colline représente un important massif rocheux d’environ 85% de surface et près de 966 mètres d’altitude.  Elle offre une magnifique vue sur le lac de la Mefou qui sert de barrage de retenue à l’usine de collecte et de traitement des eaux de Nkolbisson. Ce fut une occasion pour les participant.e.s de sensibiliser les communautés riveraines sur l’importance des montagnes dans la protection du climat, mais aussi de rappeler aux décideurs l’engagement pris pour l’atteinte des objectifs de développement durable notamment les objectifs: 7, 13 et 15 dans la lutte contre le changement climatique à travers la promotion des énergies renouvelables et la préservation des montagnes pour un développement  inclusif et durable.

Le projet Hike for Climate Change (HCC), en binôme avec celui Gender and Sport (G&S) ont pour vocation convergente de mobiliser les acteurs et les actrices, individuel.le.s et/ou organisationnel.le.s, pour des sensibilisations dans les domaines de l’environnement et de la santé. Membre de la plateforme AfrikaVuka, l’association ADEV compte mobiliser plus de ressources afin d’y associer d’autres œuvres de bienfaisance pour soutenir les populations les plus vulnérables.


Félicité Djoukouo, Executive Director of ADEV